Depuis plusieurs jours, j’avais envie de vous en parler… ce n’est pas toujours facile de trouver les mots justes, sans en faire de trop, sans en oublier non
plus.
Il y a des enfants qui souffrent. De la violence des adultes. Violence des coups, violence des mots, souvent les deux. Et il y a ceux qui savent. Pas ceux
qui devinent ! ceux QUI SAVENT.
J’ai entendu pendant des années et dans des cas très différents, des adultes dire : « c’est triste… mais ce n’est pas mon problème ». Ou
encore « on ne vit pas avec, on ne sait pas ce qui se passe vraiment ». Et même « vaut mieux pas bouger, après on se met dans des galères… » Moralité : on ne fait rien,
alors, peur des éclaboussures ?
C’est facile pourtant quelques mots à ceux qui pourraient essayer d’en savoir plus… il y a des assistantes sociales, des gendarmes, des psychologues
scolaires, qui ne vont pas d’entrée de jeu, juger les parents fautifs, prendre les enfants victimes, et briser une famille. Ils vont d’abord vouloir vérifier, puis tenter de trouver une solution
en laissant l’enfant dans sa famille, le retirer c’est le dernier recours.
Je voudrais vous donner le regard d’un enfant.
Celui qu’on frappe, celui qu’on touche où il ne faut pas, celui à qui on dit des choses ignobles. Il aime quand même ses parents. Et même il cherche à en
faire deux fois plus que les autres pour mériter les petites minutes où il n’est pas rien pour eux. Plus il en fait, plus ils le sentent fragile, et c’est l’escalade.
Mais le pire… c’est quand il prend conscience que tout ça n’est pas normal, alors il regarde les autres grandes personnes autour de lui, qui semblent si
différentes… et se dit qu’un jour ou l’autre, quelqu’un arrêtera tout ça.
Pourtant quand j’entends « c’est pas mon problème », « on ne vit pas avec eux », « après tu vas te retrouver dans de sales
affaires », etc… c’est déjà trahir cet enfant, lui dire CREVE EN SILENCE. Et ça vous fait mal ? On me l’a dit en face. J’étais juste une gamine. Personne n’a jamais bougé. Je m’en suis
sortie toute seule et c’est dégueulasse, cette passivité. Parce que d’autres ne s’en sont pas sortis, ne s’en sortiront pas.
Ok, il ne faut pas réagir à la moindre fessée et tomber dans l’extrême inverse, mais si vous êtes certains qu’un enfant est victime de maltraitance,
que ça se répète en plus… faites le 119, allez voir les gendarmes, appelez une assistante sociale, enfin bref… si vous gardez le silence, c’est comme si vous approuviez ce qu’il
subit, en tout cas il l’interprètera comme ça. Quand l’enfant grandit, il y a deux souffrances : celle qu’il a endurée et qu’autour de lui on minimise par la suite, et celle de n’avoir
pas compté aux yeux même de la société bien pensante, celle-là qui se lamente parfois hypocritement devant les faits divers (Audrey, 2 ans, cette semaine, morte sous les coups de sa mère) :
« pauvre gosse »…
Derniers Commentaires